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Ce 11 mai 2023, au Conseil d’Amiens Métropole, à l’occasion d’une délibération sur le financement de l’aménagement de la ZAC Boréalia 2 sur 62 ha de terres agricoles à l’entrée ouest d’Amiens, Alain Gest, Président et Marc Foucault, Vice-Président au développement économique, ont révélé leur déni des enjeux environnementaux.

Suite à l’intervention de Julien Pradat rappelant l’opposition du groupe « Amiens c’est le tien » au projet de ZAC du fait des problèmes d’artificialisation de terres agricoles, de dérèglement climatique et de préservation des ressources en eau, Monsieur Gest s’est dit « consterné »: : « Croyez-vous vraiment que l'évolution du climat international – parce que le climat ne s’arrête pas autour de Boréalia et d'Amiens métropole – va véritablement évoluer le jour où on accueillera une ou plusieurs entreprises? […] ça n’est pas sérieux ! ».

 

Et d’ajouter, en réponse à l’invitation à participer à la balade naturaliste organisée sur le site par l’association PATAT – Protégeons d’Avenir des Terres Amiénoises pour Tou.te.s – vouloir, au lieu « des fantaisies de cette nature », « des terrains pour travailler et non pas pour aller visiter la faune et la flore ».

Les citoyens et citoyennes qui agissent tous les jours pour tenter d’assurer, avant qu’il ne soit trop tard, un quotidien vivable, solidaire et responsable face aux dérèglements environnementaux dont l’agglomération amiénoise n’est pas à l’abri, souhaitent répondre à ces propos et aux élu.e.s de la majorité en les appelant à se réveiller et à sortir de leurs certitudes, sans mépris.

Au niveau mondial, le climat se dérègle, la biodiversité s'érode, les sols se dégradent, la ressource en eau est souvent menacée.
Or, le projet Borealia 2 n'aurait pas pour simple effet de « créer » ou d’« accueillir » des entreprises, comme le présentent ses promoteurs. Il artificialiserait des terres cultivées et impacterait ces quatre éléments indispensables à la vie sur Terre.

 

Si le dérèglement climatique est une question de portée essentiellement internationale, comme le laisse entendre Alain Gest, à quelle échelle croit-il que les mesures pour en limiter ou atténuer les effets doivent être prises ?

 

Quels sont alors le sens et l’utilité des quelques mesures prises par Amiens métropole en matière de transition écologique ? Le niveau local est un niveau parmi d’autres sur lesquels il faut agir ; pour un responsable local il doit être le premier.

En outre, le dérèglement climatique n’est qu’un aspect d’une crise environnementale dont on ne saurait minimiser l’ampleur.


La biodiversité s’effondre : un million d’espèces végétales et animales sont menacées d’extinction dans le monde (IPBES 2019). C’est une espèce d’oiseaux sur 5 en Europe qui est menacée (LPO 2021), une espèce sur 3 en France (INPN 2016).

C’est aussi à ce titre que le territoire couvert par la ZAC Boréalia est important, comme d'autres sites naturels ou agricoles susceptibles d'être encore artificialisés dans le bassin amiénois : « les espaces naturels ordinaires sont la composante fondamentale de l’environnement. Cette nature ordinaire joue un rôle majeur dans la préservation de la biodiversité en général » (Ministère de la Transition écologique, 2021).

 

Défendre le Bruant jaune, la Linotte mélodieuse, l’Alouette des champs, le Faucon crécerelle, l’Hypolaïs polyglotte ou encore le Martinet noir, des oiseaux observés sur le site de Boréalia 2, n’est pas de la « fantaisie » et ne devrait pas « consterner ». Il s’agit d’êtres vivants à protéger et qui, aussi, contribuent à l’équilibre des écosystèmes dont dépendent notamment nos cultures. De même, préserver nos sols c’est également protéger la richesse de la biodiversité qui se déploie en leur sein.

En France, la surface d’un terrain de football est artificialisée toutes les 5 minutes, faisant disparaître sous le béton presque l’équivalent de notre département tous les 10 ans (Cour des comptes, 2020). La Somme s’illustre particulièrement sur ce sujet avec 108 ha artificialisés par an et Amiens n’est pas en reste : 527 ha artificialisés entre 2009 et 2021, soit 52 ha par an (portail de l’artificialisation des sols).

Pourtant, outre leur fonction nourricière fondamentale, les sols contribuent au stockage du carbone et sont indispensables au cycle de l’eau. Ils peuvent, s’ils sont correctement gérés, participer à l’atténuation du réchauffement climatique au niveau local.

Quel est le sens de créer des îlots de fraîcheur en ville, des prairies temporaires devant l’Hôtel de ville ou encore de végétaliser des cours d’écoles si, simultanément, la bétonisation qui encercle la ville produit l’effet inverse ?

 

Le Conseil métropolitain du 11 mai a confirmé que l’argument de la création d'emplois est le premier à être brandi pour justifier l’artificialisation des sols et dénigrer celles et ceux qui s’y opposent.

Pourtant, d’après les données disponibles, l’importante consommation foncière d’Amiens métropole, ces dernières années, en dépit de ce discours récurrent, ne s’est pas accompagnée d’une création nette d’emploi.

Nous contestons donc cette fausse solution de l’étalement urbain, dictée par une logique de compétition entre territoires.

C'est au contraire par la coopération et en faisant confiance à l’intelligence collective que l'on parviendra à concilier activités économiques, lutte contre le dérèglement climatique et l'érosion de la biodiversité, et préservation des terres agricoles. 

Extrait de la séance du Conseil d’agglomération

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